Le 25 août prochain, le Conseil communal de Musson se penchera sur un dossier qui alimente depuis plusieurs mois les conversations : la création d’un circuit permanent de motocross à Willancourt.
Faut-il autoriser une telle infrastructure ? Comment encadrer son exploitation ? Quelles garanties donner aux habitants ?
Autant de questions qui se posent, mais qui méritent un débat dépassionné et constructif.
Pour le groupe MR Musson, la solution n’est ni dans un « oui » aveugle ni dans un « non » catégorique, mais dans un encadrement strict, réaliste et équilibré. C’est pourquoi nous avons déposé une motion en ce sens, qui sera débattue lors du prochain Conseil communal.
Un sport ancré dans l’histoire de Musson et de la Belgique
Le motocross, ce n’est pas seulement une moto qui fait du bruit. C’est un sport à part entière, profondément enraciné dans l’histoire de notre région.
La Belgique est l’une des nations phares de la discipline : avec 55 titres mondiaux toutes catégories confondues, elle figure au sommet de la hiérarchie internationale. La Wallonie a longtemps été une terre de motocross, comptant une soixantaine de circuits dans les années 1980.
Musson, elle aussi, a connu ses heures de gloire. Dès 1975, l’AMC Musson organisait sa première épreuve, rassemblant passionnés et curieux. Cet héritage local témoigne de l’ancrage culturel du motocross sur notre territoire.
Pourtant, depuis plusieurs décennies, la pratique s’essouffle : fermetures successives de circuits, normes environnementales de plus en plus strictes, pression immobilière et multiplication des plaintes. Résultat : beaucoup de pilotes se retrouvent sans terrain d’entraînement.
Les conséquences du manque d’infrastructures
Faute de site légal et encadré, certains pratiquent dans des lieux inadaptés : forêts, chemins agricoles, terrils. Ces pratiques « sauvages » sont interdites par le Code forestier, mais surtout elles sont dangereuses. Dangereuses pour les pilotes eux-mêmes, mais aussi pour les promeneurs, cyclistes et riverains qui partagent ces espaces.
Elles engendrent aussi des nuisances sonores incontrôlées et des tensions croissantes dans la population.
Un circuit encadré de proximité permettrait de réduire ces pratiques illégales en offrant un cadre structuré et sécurisé.
L’enjeu environnemental : moins de trajets, moins d’émissions
L’une des principales critiques adressées au motocross concerne son impact écologique. Mais un chiffre mérite d’être rappelé : la majorité des émissions de CO₂ liées à ce sport ne provient pas de la moto elle-même… mais des déplacements effectués pour rejoindre un circuit.
Aujourd’hui, de nombreux passionnés doivent parcourir des dizaines, parfois des centaines de kilomètres pour trouver un terrain autorisé. Installer une infrastructure locale réduirait drastiquement ces trajets, et donc l’empreinte carbone globale de la pratique.
De plus, le projet de Willancourt pourrait intégrer des solutions modernes et responsables, déterminées par une étude d’incidence complète, comme :
- la plantation de haies et talus pour réduire le bruit,
- une orientation judicieuse du tracé,
- un contrôle strict des accès,
- une mise à disposition de bornes de recharge pour motos électriques et e-bikes,
- la promotion de pots d’échappement moins bruyants.
- …
L’exemple du circuit de Lierneux, en province de Liège, prouve que de tels aménagements sont possibles et efficaces.
Une opportunité économique et sociale pour notre commune
Au-delà du sport, ce projet peut devenir un levier de développement local. Chaque session, chaque compétition attirerait des pratiquants et des spectateurs. Ce sont autant de repas dans nos restaurants, de pleins dans nos stations-services, d’achats dans nos commerces de proximité.
Le motocross pourrait donc constituer un moteur économique, dans la droite ligne de la déclaration de politique générale 2025–2030 de la commune, qui insiste sur le soutien aux circuits courts et à l’économie locale.
Socialement, un tel site offrirait aux jeunes un cadre légal et sécurisé pour pratiquer leur passion, plutôt que de le faire clandestinement. C’est aussi une occasion de développer un sport intergénérationnel, accessible aussi bien aux plus jeunes qu’aux adultes.
Enfin, le circuit pourrait être pensé comme un espace polyvalent, accueillant ponctuellement d’autres disciplines comme le VTT enduro ou les fatbikes, renforçant encore son utilité publique.
Une motion pour encadrer strictement le projet
Afin d’éviter toute dérive et de garantir la transparence, notre motion prévoit :
- Une étude d’incidences environnementales complète, financée en partie par la commune.
- La création d’un comité de suivi citoyen, chargé d’évaluer chaque année les effets du projet et le respect des engagements.
- Une convention tripartite contraignante (commune – club – citoyens), fixant des conditions strictes d’usage : horaires, réservations nominatives, sanctions en cas d’abus.
- Une redevance de 5 % des recettes, reversée à la commune pour financer d’autres projets sportifs et collectifs.
- La recherche d’emplacements alternatifs plus éloignés des habitations si nécessaire.
- L’ouverture à d’autres disciplines sportives, afin de diversifier l’usage du site.
Une vision constructive pour Musson
Notre démarche n’est pas d’imposer un choix, mais d’apporter une solution constructive. Refuser en bloc serait ignorer l’héritage et la popularité d’un sport bien implanté dans notre région, et tourner le dos à une communauté de passionnés bien présente chez nous. Accepter sans encadrement serait négliger les préoccupations légitimes d’une partie des riverains.
Nous croyons qu’il est possible de concilier les deux réalités : valoriser une discipline qui fait partie de notre patrimoine sportif, tout en garantissant la qualité de vie et la sérénité des habitants.

